On m'a dit qu'on attendait mon analyse des municipales et c'est ce que je vais faire mais je ne vais pas me contenter de ça.
Les résultats des municipales montrent clairement que c'est globalement une défaite de la droite. Bien évidemment il ne faut pas oublier que la majorité des gens ont voté en fonction des enjeux
locaux et n'ont tenu pas tenu compte de la situation nationale et beaucoup n'ont même pas regardé l'étiquette politique de la liste pour laquelle ils ont voté. Cela est tout à fait normal mais le
problème c'est que j'ai vu un groupe sur Facebook insistant sur les enjeux locaux des municipales et qui contient surtout des sympatisants UMP qui sont dans des groupes soutenant les candidats UMP
dans beaucoup de villes qu'ils ne connaissent pas donc pour ceux-là on se demande s'ils considèrent vraiment les municipales uniquement comme des enjeux locaux... Par ailleurs si on a gagné
certaines villes il y a le vote sanction qui a pu faire la différence là où les enjeux locaux laissaient envisager un scrutin incertain et bien sûr c'est aussi le projet municipal des listes
socialistes qui étaient intéressant dans ces villes. A propos du MoDem qui a fait un coup alliance avec l'UMP, un coup avec le PS, un coup ne s'est pas allié, on se rend vite compte qu'il n'a pas
de véritable ligne politique et ne sait pas où il est. De plus quand il a fait alliance avec l'un des 2 grands partis, il s'est souvent allié avec le perdant dans les villes incertaines (on peut
citer par exemple Marseille, Toulouse, Périgueux, Bergerac...), cela montre bien que l'alliance avec le MoDem ne fait pas gagner les élections, mais c'est le projet des listes et le bilan du maire
sortant. En effet les électeurs du MoDem ne se reportent pas forcément sur la liste auquel le MoDem s'est allié! On peut donc retenir plusieurs leçons de ces municipales: ces élections se gagnent
en fonction des enjeux locaux et des projets locaux: il n'est pas question d'avoir un programme national pour des élections municipales mais des programmes fondés sur les particularités locales!
Par exemple Nadine Morano et d'autres membres de la majorité ont dit que le PS veut juste un vote sanction mais n'a pas de programme alors qu'elle n'a vu ni le programme de Delanoë ni celui de
Panafieu et là on voit bien que Delanoë avait un programme clair et ambitieux pour Paris alors que Panafieu ne proposait pas grand chose; de plus Nadine Morano a perdu les municipales à Toul et ça
c'est tant mieux! On peut aussi retenir que les alliances avec le MoDem entraîne plutôt la défaite que la victoire étant donné l'absence de projet clair vu la divergence des opinions avec le MoDem.
Aussi on peut retenir que faire campagne contre mène très souvent à la défaite: par exemple la campagne de Panafieu était juste contre Delanoë mais sans projet et là Panafieu a largement perdu.
Pour finir le PS et l'ensemble de la gauche ne doit pas s'endormir sur ses lauriers et refaire les erreurs qui ont été commises entre 2002 et 2007.
Je vais maintenant me pencher sur quelques erreurs du Parti Socialiste entre 2002 et 2007. Déjà avant le 1° tour en 2002 Jospin a sans doute dû se dire quelque chose du genre "j'ai un bon bilan
donc je devrais être élu sans problème" et du coup il n'avait pas de projet très clair et avait aussi couru un peu derrière la droite pour l'insécurité et c'est pour cela que beaucoup n'ont pas
voté Jospin au 1° tour et cela a permi à Jean-Marie Lepen d'accéder au 2° tour à sa place. Après avoir vu cette situation Nicolas Sarkozy a vu une façon de se faire élire président en 2007 en
faisant des lois sécuritaires en étant ministre de l'Intérieur. Et là le PS a laissé Sarkozy parler sans réagir, critiquer et proposer autre chose. Il a attendu 2007 pour critiquer Sarkozy alors
qu'il aurait fallu s'en prendre à lui dès 2002 car c'est là que ses ambitions présidentielles ont commencé à apparaître et qu'on a vu qu'il avait de grandes chances d'être élu s'il se présentait.
Il y a eu aussi l'erreur de considérer la victoire du PS aux régionales de 2004 comme une adhésion aux valeurs socialistes alors qu'il ne s'agissait que d'un vote sanction contre le gouvernement.
Et du coup beaucoup au PS se sont dit qu'on allait gagner 2007 car les gens ne veulent plus du gouvernement actuel et après le PS s'est endormi sur ses lauriers. Et la dernière erreur fut
l'élaboration du programme trop tardive (en 2006) et la désignation de Ségolène Royal comme candidate socialiste juste car les sondages disait qu'elle était la seule à pouvoir battre Nicolas
Sarkozy et en plus à ce moment peu de socialistes connaissaient vraiment Ségolène Royal. Pourtant on a vu le résultat: une défaite grave. En effet avec les bourdes qu'elle a fait les Français l'ont
vu comme incapable de gérer la France et n'a pas pu faire le poids à Nicolas Sarkozy qui lui paraissait compétent (mais il ne l'est absolument pas, pas plus que Ségolène Royal, bien au
contraire).
Maintenant il s'agit de ne pas reproduire les erreurs faites auparavant si on veut gagner en 2012 et il faut que le PS auquel j'ai récemment adhéré se mette sérieusement au travail et cela
commencera avec le congrès qui aura lieu en novembre (il est maintenant trop tard pour adhérer). Ce travail commence par la remise à plat et la redéfinition des valeurs socialistes avant de se
poser la question des alliances: où veut-on aller? rénovation sociale-démocrate? recadrage à gauche? C'est d'abord à ça qu'on doit s'intéresser. Soit on prend la voie de la sociale-démocratie comme
beaucoup de pays Européens en se coupant totalement de la gauche de la gauche et dans ce cas-là seulement une alliance avec le MoDem pourrait être cohérente (dans ce cas-là je ne réadhère pas au PS
si pour faire comme le parti travailliste anglais qui est devenu un parti de centre-droit) mais là les électeurs se situant clairement à gauche se reporteront beaucoup plus difficilement sur le PS
en cas de 2° tour, ce qui ne ferait pas gagner des voix. Soit on décide de rester clairement à gauche en gardant nos alliances traditionnelles (Verts, PCF, PRG) et c'est la voie que je préconise
car le PS est le parti le plus important à gauche et doit donc être représentatif de toute la gauche (les extrêmes tels la LCR sont à part) et ceux qui veulent faire alliance avec le MoDem
choisissent entre le PS et le MoDem et se posent la question de savoir s'ils sont plus proches du centre ou de la gauche. Par exemple au soir du 1° tour des municipales Ségolène Royal a appelé à
des alliances systématiques avec le MoDem et pourtant on a vu que les alliances avec le MoDem ont plus fait perdre que gagner. Donc j'appelle Ségolène Royal à choisir entre le PS et le MoDem. Une
fois le congrès passé et les valeurs socialistes redéfinies (bien sûr dans l'orientation à gauche que j'ai précisé) il faudra commencer à définir les grandes lignes du programme pour 2012 dès 2009
et travailler avec nos partenaire des Verts, du PCF et du PRG ainsi qu'avec tous les courants du PS pour une éventuelle alliance sur un programme commun. (Si cette alliance ne se fait pas j'appelle
les personnes de ce parti prêtes à travailler avec nous à nous rejoindre.) Une fois ces grandes lignes définies il faudra travailler et débattre avec toute la gauche qui nous rejoint pour élaborer
les propositions dans leur détail (les chiffrer par exemple) et on ne devra négliger AUCUN domaine, même les sujets dont l'opinion publique nous est défavorable comme l'insécurité ou l'immigration
et là il faudra prendre le temps de bien expliquer notre point de vue pour tenter de convaincre les gens de l'absurdité du tout-répressif par exemple. Et bien sûr on aura besoin d'experts dans tous
les domaines pour que notre programme soit ambitieux tout en restant cohérent et réaliste. Et c'est une fois notre programme élaboré (même s'il pourra subir quelques modifications jusqu'en fin
2011) que la question de la personne se présentera car il faut privilégier les idées et le programme à la personne mais le problème c'est que les gens tiennent compte de la personne quand ils
votent aux présidentielles. Il faut alors une personne capable de séduire l'opinion publique, qui mette en avant le programme socialiste et qui l'explique en détail avec les moyens pour le réaliser
et qui ne se contente pas de faire une campagne anti-Sarkozy (même si bien entendu il faudra qu'il critique les propositions et le bilan de Sarkozy mais en le comparant au projet socialiste) ou
pire fait même des discours inutiles sur le drapeau Français. Ainsi il faudra aussi faire attention au choix du candidat socialiste même si le projet est plus important que la personne.
Pour conclure tout ça, on a besoin d'une gauche DECOMPLEXEE et qui n'ait pas honte d'être de gauche même sur des sujets tels l'insécurité et l'immigration!!
Par Benjamin GADRAT
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